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TESSON Sylvain

TESSON Sylvain

L'écriture dense et le pas léger

Dixit lui-même "On ne devient pas voyageur, on naît ce que l'on est."

Sylvain Tesson est géographe de formation. Il effectue en 1991 sa première expédition en Islande, suivie en 1993 d'un tour du monde en bicyclette avec Alexandre Poussin. C'est là le début de sa vie d'aventurier. Il traverse également les steppes d'Asie centrale à cheval avec la photographe et réalisatrice Priscilla Telmon, sur plus de 3000 km du Kazakhstan à l'Ouzbekistan. En 2004, il reprend l'itinéraire des évadés du goulag en suivant le récit de Slavomir Rawicz : The Long Walk (1955). Ce périple l'emmène de la Sibérie jusqu'en Inde à pied.

Il voyage la plupart du temps par ses propres moyens, c'est-à-dire sans le soutien de la technique moderne, en totale autonomie. Ses expéditions sont financées par la réalisation de documentaires, par des cycles de conférences et par la vente de ses récits d'expédition.

Il écrit également des nouvelles, dans un registre poétique où souvent l'absurde des situations humaines est montré avec humour. Ses nouvelles sont très souvent situées dans les pays qu'il a parcourus, Asie centrale, Russie etc. Il signe de nombreuses préfaces et commentaires de films. Il collabore à diverses revues. On peut retrouver ses blocs notes chaque mois dans le magazine Grands reportages. Depuis 2004, il multiplie les reportages pour « Le Figaro Magazine » avec le photographe Thomas Goisque et le peintre Bertrand de Miollis. Il signe plusieurs documentaires pour la chaîne FR5 et il est un conférencier demandé dans le monde entier.

Depuis 2007, Sylvain Tesson est membre d'honneur de l'INREES (Institut de recherche sur les expériences extraordinaires). Il est aussi administrateur de la Guilde européenne du raid et du comité directeur de la Société des explorateurs français.

Sylvain Tesson est « stégophile » depuis son adolescence – il a lui-même conçu ce néologisme synonyme du plus courant « toiturophile » pour nommer l'activité consistant à monter sur les toitures, dans son cas essentiellement celles des cathédrales. Surnommé « le prince des chats » au sein d'un cercle d'acrobates, il passait des nuits entières sur des clochers et des flèches : à Notre-Dame de Paris, au Mont-Saint-Michel, à la basilique Sainte-Clotilde à Paris, et sur d'autres monuments (principalement des églises) à Orléans, Argentan, Reims, Amiens ou encore Anvers.

Pendant plusieurs années, le 10 mars, date anniversaire du soulèvement tibétain de 1959, il pavoisait d'un drapeau tibétain un lieu symbolique de Paris. « C'était une manière d'exprimer ma compassion pour la souffrance du peuple tibétain », dira-t-il.
Le 20 août 2014, il chute de près de 10 mètres en escaladant la façade d'une maison à Chamonix, alors qu'il séjournait chez son ami Jean-Christophe Rufin avec qui il pratique l'alpinisme. Victime d'un sévère traumatisme crânien et de multiples fractures, il est hospitalisé à Annecy et placé en coma artificiel. Réveillé huit jours plus tard, il n'a aucune séquelle neurologique. Trois mois après cet accident voilà comment il décrit cette épreuve : « Ces trois mois de repos, de sobriété, de silence, d’examen de moi-même ont été bénéfiques. Ma vie était un carnaval endiablé et légèrement suicidaire, il était bon de ralentir un peu les chaudières intérieures, de descendre du train. Je conserve une paralysie de la face qui me donne un air de lieutenant prussien de 1870. J’ai aussi perdu l’ouïe à l’oreille droite mais, étant partisan du silence, que René Char appelait “l’étui de la vérité”, je ne m’en plains pas. Notre société est devenue hystérique et bruyante ». Il revient alors aussi sur ce que la stégophilie était pour lui : « L'alpinisme permet d'accroître l'intensité de l'existence. Ce qui se passe en termes de sensations, le temps d'une ascension, peut être équivalent à dix années de vie. Pour moi, les façades des immeubles étaient des parois, les rues des vallées, les toitures des plateaux et les aiguilles des églises. Je finissais par voir les villes comme un massif. Il y avait une distorsion du regard. Ça fait une bonne vingtaine d'années que j'aurais dû m'écraser. Il y a une espèce de démon qui s'est épanoui en moi. C'est une escalade totalement adolescente, peu recommandable, plus proche de la roulette russe que de l'alpinisme. Ça me plaisait beaucoup de vivre tout le temps sur ce fil. Jusqu'au jour où ça s'est mal terminé »

Bibliographie

Expéditions
1996 : On a roulé sur la terre, en collaboration avec Alexandre Poussin, Laffont
1998 : Himalaya: visions de marcheurs des cimes, en collaboration avec Alexandre Poussin, Transboréal
1998 : La marche dans le ciel: 5000 km à pied à travers l'Himalaya, en collaboration avec Alexandre Poussin, Laffont
2000 : Les métiers de l'aventure et du risque, Hachette
2001 : La chevauchée des steppes: 3000 km à cheval à travers l'Asie centrale, en collaboration avec Priscilla Telmon, Laffont
2002 : Carnets de steppes: A cheval à travers l'Asie centrale, en collaboration avec Priscilla Telmon, Glénat
2004 : L'axe du loup, Laffont
2004 : Les chemins de la liberté, Transparences production, 2004, 54', co-réalisé avec Nicolas Millet et distingué par Les Ecrans de l'Aventure (prix du jeune réalisateur 2004)
2005 : Sous l'étoile de la liberté (photographies de Thomas Goisque) , Arthaud
2007 : Éloge de l'énergie vagabonde, Équateurs
2007 : L'or noir des steppes : voyage aux sources de l'énergie, en collaboration avec Thomas Goisque (photographies), Arthaud
2008 : Lac Baïkal : visions de coureurs de taïga, en collaboration avec Thomas Goisque (photographies), Transboréal
2009 : Haute Tension : des chasseurs alpins en Afghanistan (photographies de Thomas Goisque et illustrations de Bertrand de Miollis), Gallimard
2012 : Sibérie ma chérie (photographies de Thomas Goisque et illustrations de Bertrand de Miollis), Gallimard Loisirs
2015 : Berezina, Guérin
2016 : Sur les chemins noirs, Gallimard

Essai
2000 : Les Métiers de l'aventure et du risque, Hachette
2005 : Petit traité sur l'immensité du monde, Équateurs
2011 : Dans les forêts de Sibérie, Gallimard Prix Médicis essai 2011
2012 : Géographie de l'instant, Éditions des Équateurs

Nouvelles
2000 : La Seconde Côte d’Adam, dans Histoires de montagnes, collectif, Sortilèges
2002 : Nouvelles de l'Est, Phébus
2004 : Chroniques des bords du Rhin, Éditions du Verger
2004 : Les Jardins d'Allah, Phébus
2009 : Une vie à coucher dehors, Gallimard, Prix Goncourt de la nouvelle 2009
2010 : Vérification de la porte opposée, Phébus
2014 : S'abandonner à vivre, Gallimard,

Aphorismes, lexiques, dessins humoristiques
2004 : Katastrôf !, Bréviaire de survie français-russe, Mots et Cie
2004 : Les Pendus, Le Cherche Midi
2008 : Aphorismes sous la lune et autres pensées sauvages, Équateurs
2011 : Ciel mon moujik ! Manuel de survie franco-russe, Chiflet et Cie
2011 : Aphorismes dans les herbes et autres propos de la nuit, Éditions des Équateurs

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