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Courir dans les bois sans désemparer (Sylvie Aymard)

Courir dans les bois sans désemparer (Sylvie Aymard)

Les morceaux choisis

La passion amoureuse
(…) Satisfaits et superbes nous laissions derrière nous la vie d'avant. Je m'abandonnai à l'exquise occupation des amoureux : ne plus avoir faim, être constamment stupéfait par la présence de l'autre, se toucher sans discontinuer, sans hésitation, sans pudeur, trouver tout intéressant. Il nous arrivait de rester longtemps devant un magasin d'outillage et de comparer des tournevis. Nous avions l'un pour l'autre un dévouement enfantin.

Les autres
(…) Les autres pensaient que ce n'était pas si important. C'est toujours les femmes minces et plates qui disent qu'un ventre rebondi c'est joli.

La mort
(…) La mort devient très intime avec son moribond. Elle ne partage pas. Plus de place pour les autres, qui se lèvent d'un bond le matin et accomplissent leur destin d'un pas précipité.
(…) C'est le rituel de l'espèce. La conjuration de la grande terreur. Je réintégrais la platitude. L'ombre du grand cèdre ne me protégeait plus. Maintenant je connaissais bien le dictionnaire. J'avais le bac et les cheveux qui me descendaient loin dans le dos.
(…) J'étais infréquentable, revendiquais le droit de ne rien faire pour les autres, d'habiter mon temps qui passe.
(…) Les dimanches soirs et l'accordéon ont été inventés pour saper le moral des fillettes.

© Maurice Nadeau, 2006
si l'éditeur le demandait, cette rubrique serait immédiatement supprimée

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