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Le goût du bonheur T3 Florent (Marie Laberge)

Le goût du bonheur T3 Florent (Marie Laberge)

Les morceaux choisis

La Shoah
(…) Aaron sait très bien ce qu'est la rage impuissante de n'avoir pas su protéger ceux qu'il aimait contre la folie meurtrière des autres.
(…) Nous ne savons rien des conditions de garde des soldats juifs par les états-majors allemands qui occupaient alors la France. (…) Si nous ne pouvons pas faire face à nos propres actes, comment construire un avenir qui soit assuré contre la répétition de ces hontes ?
(…) Les prisonniers de guerre juifs étaient souvent déportés vers l'Allemagne ou alors mis à l'ouvrage pour des travaux difficiles, ardus, pour l'armée allemande en terrain occupé. (…) Il est clair que Vichy a fait davantage que s'incliner devant les nazis. Il est peu probable qu'on ait pris le risque de transporter des prisonniers de guerre jusqu'à Dachau. A moins qu'ils n'aient été annexés à un "convoi de Juifs civils", ce qui est douteux.
(…) "Pourquoi tu ne vas pas construire des kibboutz en Israël si tu si juif et si vaillant ? Pourquoi vouloir manger à la table d'un capitaliste même pas juif ? Pour te venger parce qu'il a une petite amie juive ?"
(…) "Etre juif n'est pas être persécuté, ce n'est pas le fondement de notre identité. Même si cela en a été la conséquence regrettable."

La douleur
(…) Il perçoit une dignité et une force qui donnent envie de la tester : la provocation involontaire des forts qui stimulent l'ignoble au fond des faibles.
(…) Il faut garder le passé, mais cesser de le creuser.
(…) Adélaïde dort comme on perd connaissance et elle s'extrait de ces pauses en cherchant l'air comme une noyée qui émerge avant de replonger. La violence du chagrin, la démesure du désespoir sont telles que Florent commence à douter de sa capacité d'endiguer le séisme.
(…) "Je ne dors pas, je suis seulement trop fatiguée pour ouvrir les yeux."
(…) "Tu sais comme moi qu'il faut passer par en bas pour remonter. Laisse-lui le temps."
(…) "On n'en meurt pas totalement, mais à chaque fois, on meurt. Si on a bien vécu, je suppose que le jour de sa mort, on est mort bien assez souvent pour ne plus avoir peur du tout et pour mourir debout."
(…) Adélaïde sourit et murmure au ciel : "Vous n'êtes qu'un inconscient dangereux et vous frappez toujours les mêmes parce qu'ils vous résistent. Si vous existiez, je vous tuerais."
(…) Et étouffer le désir avec autre chose.
(…) "J'ai compris, Florent, je vais essayer de respecter le rythme de chacun et de ne pas interrompre la danse."
(…) Elle allume trois cierges : un pour ses parents, un pour Theodore et un pour Nic et Anne. "A ceux qui sont morts et qui m'ont aimée, je promets de cesser de me plaindre et de ne plus rechigner. Je promets de me souvenir de l'amour reçu avant de pleurer sur l'amour enfui. Je promets d'essayer de vivre en demeurant digne de cet amour. Mais aidez-moi, par exemple!"
(…) Elle opte pour ce que Nic aurait fait, leur offrir un peu d'ambiance de Noël.
(…) Quelquefois, Jeannine surprend le regard poignant qu'Adélaïde a pour Alex. Ca doit être si étrange pour elle cette similarité qui ramène le souvenir de Nic et qui, en même temps, aiguise le sentiment de la perte.
(…) Elle se sent perdue et découragée. Sa vie devrait être palpitante, elle a acquis beaucoup en un an. Elle se sent inutile et vide. (…) "Le vide que tu sens, il est en toi, pas dans ta vie." (…) Il faut laisser les morts enterrer les morts.
(…) Certaines années noires, personne ne pouvait l'atteindre au fond de sa détresse, personne. Il y a eu une époque dans sa vie où elle n'avait plus ni larmes ni reproches, elle n'était plus qu'une automate qui nourrit ses petits parce que c'est un instinct bien davantage qu'une envie. (…) Ses enfants l'avaient tenue hors de l'abîme total, elle les avait malmenés, bousculés, houspillés, elle leur en avait voulu d'exister, mais elle sait que, sans eux, elle ne serait plus là.
(…) "La mort nous échappe, mais la poursuite de la vie nous appartient." " Ne gratte pas la terre des tombeaux. Laisse repousser l'herbe."
(…) Quand Ada lui demande d'essayer de se souvenir, Thomas hoche la tête, déçu de ne pas y arriver. (…) "Quand ça va te faire plus de plaisir que de peine, ça va revenir, tu vas voir." (…) C'est long avant d'évoquer le bonheur perdu sans que la douleur de la perte ne fasse basculer le souvenir au rang du cauchemar du manque.

Venir en aide
(…) Florent se demande pourquoi ils font tous cela, se juger avant d'agir et renoncer. Les roses auraient peut-être fait du bien à Ada, qui sait ?
(…) Revoir ceux qu'on aime fait du bien aussi.

La maladie
(…) Cette fois, la mort s'annonce. (…) Les pourquoi, les quand et les comment.
(…) Le traitement est aussi horrible que la maladie.
(…) "Tu peux jurer aujourd'hui que Jeannine est celle qui va partir en premier et la vie peut te donner tort.. Arrête de pleurer. J'ai vu des cas plus graves survivre, j'ai vu des cas moins graves mourir. Nous sommes tous là. Ensemble."
(…) Dès cet instant où la nouvelle a atteint sa conscience, un mécanisme d'urgence comparable à celui du combattant s'est mis en marche et ne s'arrêtera qu'avec la vie de Jeannine. (…) Elle sait que tout est à venir – la souffrance, la conscience aiguë de la mort, le regard douloureux de ceux qu'on aime, à qui elle ne voudrait jamais faire tant de mal.
(…) Il y a ceux qui résistent et se battent sans répit et il y a ceux qui s'abandonnent sans lutter ou chicaner. Paul ne peut dire lequel est le premier candidat que la mort saisit. Il constate, un point c'est tout. Jeannine (…) a assez de bon sens et de lucidité pour (…) garder ses forces pour vivre ce qui lui reste. (…) Faire accepter cette attitude diamétralement opposée à celle, violente et résistante, d'Adélaïde est un contrat de taille.
(…) "Pour l'instant, elle ne le sent pas, ce qui ne veut pas dire qu'il ne progresse pas. Le jour où la douleur arrive, ce n'est pas le début, mais la fin du cancer."
(…) La vie s'organise autour du lit de Jeannine. (…) Au jardin, c'est le seul endroit où ils peuvent relâcher la tension, (…) se recueillir, méditer et faire face à leur chagrin.
(…) Tout de suite après la mort de Jeannine, c'est le soulagement de ne plus la voir souffrir, la certitude de son bien-être. (…) A mesure que s'efface la femme malade, diminuée dans sa vitalité, à mesure que celle avec qui il a vécu si heureux reprend sa densité, Fabien sombre et s'enfonce dans la tristesse de ne plus pouvoir lui parler, être avec elle.
(…) Cette maladie avait forcé l'intimité corporelle plus encore que tous les gestes du désir. (…) abolir toutes les misérables pudeurs pour la soulager un peu, l'entourer d'affection, ne pas la laisser à des mains inamicales, à des mains étrangères qui l'auraient gênée, tout ce la consistait à l'aimer, comme auparavant s'unir à elle.

L'éducation
(…) C'est fou comme le refus d'admettre entraîne le refus de voir.
(…) "Et désobéir quand on nous surveille est plus difficile qu'en cachette."
(…) Border Thomas avant qu'il ne s'endorme est l'affaire de cinq minutes, Thomas ayant hérité du sommeil bienheureux de son père. Léa, exactement comme sa mère, utilise la prière pour revoir les événements de la journée et passe ensuite un moment à faire u bilan et à régler ce qui l'inquiète. Adélaïde reste toujours près de sa petite fille pour cette essentielle partie de la journée, ce qui demeure un moyen privilégié de savoir comment elle va.
(…) Le débat dure longtemps et l'escalade d'agressivité est prompte entre les tenants de l'autorité implacable des adultes sur les enfants et ceux du droit minimal amis évident des enfants de dire et d'avoir un terrain d'influence pour les décisions majeures.
(…) Il vaut mieux croire selon sa possibilité que selon la norme.
(…) Adélaïde le laisse supposer ce qu'il veut : quand on appelle sa fille Bérénice pour étaler sa culture sans songer que le prénom s'appuiera sur Bédard, on mérite d'être dupé par orgueil.
(…) Même elle, elle avait si peu de ressources pour cet enfant arrivé en plein drame. Etait-ce cela, la folie ? Ne pas trouver sa place et devenir une catastrophe pour s'en faire une ?
(…) "Le mépris de la différence y est interdit. Ma fille propose un arrangement que je trouve acceptable." (…) "Etes-vous hostile à toute forme d'amélioration ?" (…) "Améliorer qui on est en vous imitant, ça ne donnera jamais rien. (…) C'est mieux un dessin personnel inachevé qu'une peinture à numéros bien exécutée."
(…) Depuis son enfance, la seule arme qu'elle juge efficace est la connaissance et la confiance. Tenir Léa loin de l'apprentissage des choses réelles et préoccupantes de la vie, c'est la tenir loin de la capacité à juger et à choisir.
(…) Jamais elle n'oubliera le mensonge qu'ensuite elle a maintenu, les yeux rivés à ceux de son père. Ce jour-là, elle quittait son père pour toujours, elle renonçait à lui plaire, à poursuivre son rêve à lui, pour prendre le sien en charge. (…) Dans ce défi enragé qu'on lance à la face du père pour se nommer et dire sa différence. (…) Il y a des quêtes dont on ne peut faire l'économie au risque de tout perdre.
(…) "je me demande seulement si tout enfant n'a pas au fond de lui l'inquiétude du secret de sa naissance." (…) Florent a sa théorie personnelle là-dessus : tant que le silence ne protège pas l'honneur, la vanité ou l'orgueil des parents, ça va. Tant que le silence protège le bien d'un enfant sans égard pour le confort des parents, il peut y adhérer.
(…) Elle ne comprend pas cette idée de confiance quand elle se soucie du mal qui arrive par les autres. Elle voudrait contrôler la vie des gens qu'elle aime.
(…) Dans son manuel de courtoisie, l'hospitalité est un devoir qui trouve sa limite dans le comportement de l'invité.
(…) "Croire en ce qu'on fait. Agir selon la vérité."
(…) "Tu vas demander des choses qui peuvent être difficiles à accepter pour tes employés. Agis en gentleman, Thomas, ne les prends pas de front et ne les traite pas avec mépris. Discute et répète, fais-toi comprendre avant d'appliquer tes décisions. Même si c'est toi qui décides, tu peux perdre du temps à expliquer. Ca s'appelle du respect. Il faut savoir reconnaître l'effort qu'on exige des gens. (…) Tu es jeune et pressé. Je l'étais. Nic a travaillé en coulisses pour me permettre de passer. Je suis prête à faire la même chose pour toi."

L'âge
(…) Jeannine veut bien apprendre à taire l'angoisse de l'âge et la crainte de l'abandon, mais elle ne pourra jamais cesser de les ressentir.

Les hommes
(…) "Tu ne sais pas comme ça peut être important pour un homme de se promener en tenant le bras de la femme qu'il aime ? Tu ne connais pas la fierté des hommes ?"
(…) "Je sais que c'est difficile de renoncer pour la seule raison que c'est interdit et que l'amour ne s'en va pas du cœur juste parce qu'on l'a décidé dans sa tête."
(…) "Je pense que tu ne devrais plus dire normal ou anormal quand tu parles des homos. (…) C'est comme si des gens avaient le droit de décider pour toi, le droit de te classer hors jeu, et je déteste cette idée."

Le changement
(…) "Je viens prêcher la patience. Ni les femmes ni les hommes ne sont prêts à tout bouleverser. Un principe seul ne rend pas les gens heureux. L'être humain est un animal d'habitudes. Si vous les changez toutes d'un seul coup, plusieurs mourront et les autres vont simplement s'en forger d'autres rapidement. Vous piaffez, comme un cheval de course pressé de prendre le champ. Ne méprisez pas les chevaux de trait : avant l'invention du tracteur, ils avaient l'utilité de vous fournir l'avoine." (…) Quelquefois, quand elle a une discussion musclée avec des collaborateurs, Adélaïde se surprend à penser : "Cheval de trait, va !" Etrangement, le sourire qu'elle esquisse à ce moment-là calme son impatience et l'incline à écouter plus attentivement. Sa tendance à bousculer, à casser pour passer, elle la tient solidement sous le contrôle de l'humour.
(…) Le problème est cerné, discuté et Maurice fait des efforts, Isabelle le reconnaît. Mais tout est fragile, instable et chaque fois qu'une déception ou un échec, même minime, survient, tout reprend le chemin des scènes, des reproches, de calculs mesquins et des "tu me dois ça après ce que tu m'as fait endurer!"
(…) Ce qu'on peut changer, on va le changer, ce qu'on ne peut pas, on va s'y faire. D'accord ? D'accord !
(…) Des petits pas qui ont l'air de rien, mais qui améliorent les conditions et les mentalités.
(…) Quelquefois, elle se surprend à penser : s'il pouvait se taire et agir, le charme opérerait enfin.
(…) "Je me suis mariée en dessous de ma condition." (…) Elles imaginent la vie d'Estelle et la détermination que cela a dû lui prendre pour persévérer et arriver à élever ses deux enfants avec un mari humilié. C'est Jeannine qui dit ce que les autres pensent : "Y a eu vingt ans pour l'apprendre, Estelle. Vingt ans pour ouvrir tes livres ou suivre dans ceux des petits. S'il avait su, il aurait été libre de retravailler ailleurs, dans un autre domaine. Il s'est contenté de critiquer sans apprendre, sans mettre sa fierté de côté." "Je sais, Jeannine, mais je ne pouvais pas le forcer." "Au moins, aie pas honte pour lui, Bonyeu!".
(…) Germaine n'a jamais nourri une admiration féroce pour le sens religieux de Jean-René qui "pue l'étroitesse d'esprit et une certaine vision rétrograde des feux de l'enfer", mais quand elle entend que la télévision est péché, elle lève les yeux au ciel en se demandant si Dieu envoie à chaque époque des retardataires pour bien marquer l'évolution des mœurs.
(…) L'achat des lits jumeaux a miraculeusement aidé à faire valoir les raisons qu'ils ont de rester ensemble : une confiance limité à certains aspects, mais quand même profonde, un humour qui perce dès que le sarcasme s'apaise, et surtout cette impossibilité de se décevoir à nouveau. (…) La trêve prend des allures durables, Isabelle ne peut le nier. Sans sauter aux conclusions, elle remarque que Maurice rentre plus tôt, qu'il prend davantage de temps à agacer les enfants et que, quand arrive l'heure de leurs programmes préférés à la télévision, il crie du boudoir que l'émission commence et qu'elle lâche la cuisine. Il lui garde la place près de lui sur le divan et, dès qu'elle s'y assoit, il passe un bras autour de ses épaules.
(…) Elle estime avoir joué assez longtemps à ce jeu pervers qui consiste à calculer sans cesse les méfaits du conjoint afin de s'assurer qu'on est en droit de ne pas se remettre en question. "Je n'ai rien à me reprocher", ce leitmotiv des femmes délaissées ne convainc plus Isabelle.
(…) Ca lui déplaît beaucoup d'être toujours à l'ordre. Le désordre est parfois une bonne idée. Elle retire ses souliers lacés et les regarde tomber avec un angle bizarre : si elle les mettait comme ça, elle serait une infirme ou une contorsionniste. Voilà ce qui l'amuse dans le désordre, la surprise qui force à penser autrement, à imaginer des choses folles.
(…) Ada trouve que les horaires de chacun commencent à créer des conflits sérieux. Quand elle s'aperçoit qu'une vaste partie de la montagne et du terrain avoisinant est mise en vente, elle l'achète tout de suite, (…) en se disant que, si les invités entrent en guerre d'horaires, elle aura toujours la possibilité de faire construire une nouvelle maison. Et puis, avec les transistors qui envahissent tout, elle préfère s'assurer la paix.
(…) "Ils nous expliquent pourquoi on est moins obligés d'endurer de nos jours. L'endurance et le sacrifice, c'est rendu moins payant que c'était. (…) Tu devrais essayer d'être heureux à ta façon, selon tes normes à toi."
(…) "Je pense qu'il faut mentir à sa mère. Il faut mentir, le temps de se rendre assez fort pour s'y opposer."
(…) "Le plus dur, finalement, c'est de se pardonner à soi-même. Ce qu'on fait de mal est toujours plus dur à prendre que ce qu'on nous fait."
(…) Paul a prescrit à Adélaïde la fameuse pilule, et cette incroyable liberté, cette possibilité constante de faire l'amour sans danger, sans avoir à courir les protections a, pour le moins, stimulé leur imagination. Adélaïde soutient que l'effet libérateur va au-delà de la grossesse, au-delà du soulagement du risque : c'est comme retirer de l'esprit une comptabilité obsédante, calmer l'angoisse du "peut-être" que certains soirs ont traînée. Grâce à la pilule, Ada laisse tomber plusieurs inhibitions, elle avoue carrément avoir eu quatre fois sérieusement peur d'être enceinte.
(…) Poser une question mille fois veut dire douter mille fois.
(…) "Les lois rattrapent la société, pas le contraire, Leah. Jamais le contraire. Une loi qui devance la société est une loi inapplicable, donc dangereuse.

Paul
(…) Devant le nombre de personnes pouvant déranger leurs amours, Adélaïde a réagi avec une certaine gêne : "Pas beaucoup de place pour toi, Paul, je trouve aussi." Depuis, quand ils sont un peu trop lourds à porter, ou qu'elle a besoin d'un peu de paix, elle vient chez lui. Elle a la clé, elle reste là à lire, quelquefois même à travailler sur un dossier, il lui est arrivé de laisser un mot parce qu'elle ne pouvait pas l'attendre, et c'est sur cette intimité-là que Paul compte pour que leur relation dure.
(…) "Depuis des années, je rêve de t'offrir une bague. Un diamant. (…) La bague que je pourrais t'offrir te ferait la main moins belle que celles de Nic." Elle serre ses mains : "Je vais te dire un secret, Paul. La bague aux saphirs appartenait à ma mère. Nic l'avait achetée pour elle. (…) Cette bague m'est revenue à sa mort, parce que Nic est allé la chercher et l'a demandée à mon père, malgré qu'il m'ait reniée. C'est donc à la fois maman, papa et Nic. La bague aux diamants entrelacés, c'est Florent qui l'a dessinée et Nic l'a fait faire. L'autre, c'est ma bague de mariage. Tu vois, ça n'était pas facile non plus. Ces bagues, ce sont mes amours. Et si tu m'offres une bague, elle aura sa place sur mes mains." "Le petit doigt ?" "Il n'y a pas de petit doigt, il y en a cinq de formes différentes qui font la main. Tu n'es pas docteur, toi ? Marcher sans petit orteil, ça fait boiter, non ?"
(…) Adélaïde s'est donné beaucoup de peine pour expliquer à Paul en quoi le plaisir était garant de l'harmonie conjugale.

Florent
(…) Dans le miroir, Ada voit Florent arriver avec son manteau tendu. Il a détaché son col sous la cravate, comme il le fait toujours, et cet accroc à la perfection de l'ensemble, tout comme ses cheveux taillés un peu trop long, lui donne ce qu'il faut de désordre pour exalter la perfection de ses traits.
(…) Florent veut savoir ce qui l'agace. Il devine toujours tout, c'est si reposant de ne jamais avoir à dissimuler.

Léa
(…) Si le monde se mêlait de ses affaires, elle ne serait pas obligée de faire des péchés tout le temps.
(…) "Il faut comprendre, sinon tout a l'air d'être fou."
(…) "C'est inutile de vouloir lui cacher des choses et je pense que c'est pire pour elle de ne pas savoir que d'apprendre la vérité."

© Les Editions Anne Carrière, 2003

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