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D'autres vies que la mienne (Emmanuel Carrère)

D'autres vies que la mienne (Emmanuel Carrère)

Les morceaux choisis

Tsunami - Tangalle
(…) Au premier regard, étrangement, on ne remarque rien. Tout paraît normal. Puis, c'est comme si on faisait le point. On s'avise que l'eau est très loin. Entre la bordure des vagues et le pied de la falaise, la plage en temps normal est large d'un vingtaine de mètres. Là, elle s'étend à perte de vue, grise, plate, scintillante sous le soleil voilé : on se croirait au Mont-Saint-Michel à marée basse. On s'aperçoit aussi qu'elle est jonchée d'objets dont on ne mesure d'abord pas l'échelle.
(…) A un moment, il a pris conscience que les corneilles avaient disparu, qu'on n'entendait plus de chants d'oiseaux. C'est alors que la vague est arrivée. Un instant plus tôt la mer était étale, un instant plus tard c'était un mur aussi haut qu'un gratte-ciel et qui tombait sur lui.
(…) Philippe s'est avancé vers eux, il savait que c'étaient leurs dernières secondes de bonheur.
(…) Ces contrariétés ordinaires et qui dans la vie ordinaire sont simplement agaçantes deviennent dans ces circonstances extraordinaires à la fois monstrueuses et secourables parce qu'elles jalonnent une tâche à accomplir, donnent une forme à l'écoulement du temps. Il y a quelque chose à faire (…), c'est aussi simple que cela.
(…) Elle tenait trop bien le coup, s'interdisait de craquer, l'effondrement au retour n'en serait que plus massif. Il y avait dans cette atmosphère de cataclysme quelque chose d'irréel, d'anesthésiant, mais bientôt le réel allait la rattraper. (…) Elle pensait à la chambre d'enfant, là-bas
(…) Malgré la chambre froide, sa petite fille se décomposait.
(…) la crémation s'est faite à la sauvette, un sale boulot auquel on ne convie personne, après lequel il n'y a plus qu'à se soûler et décamper.
(…) Elle m'est précieuse. (…) Je voudrais qu'un jour elle soit vieille, que sa chair soit vieille et flapie, et continuer à l'aimer.

Cancer
(…) Citation de Beatrix Beck dans son récit "Plus loin, mais où ?" (…) "Ca fait toujours plaisir, une visite, si ce n'est pas à l'arrivée c'est au départ."
(…) Ses poumons ne fonctionnaient presque plus, tout ce qui lui restait d'énergie était mobilisé par l'acte devenu effroyablement difficile de respirer.
(…) là je voyais quelqu'un mourir
(…) C'était la dernière nuit de leur enfant.
(…) Et les trois petites filles ? Cela veut dire quoi, quand on a sept ans, de savoir que sa mère est en train de mourir ? Et quand on a quatre ans ? Un an ?
(…) un tire-larmes aussi éhonté que le montage parallèle des petites filles dansant et chantant à la fête de l'école avec l'agonie de leur mère à l'hôpital.
(…) je me disais que le choix de la vie à Rosier n'était pas seulement celui de la sécurité et du troupeau, mais de l'amour.
(…) elle a fait un furtif signe de croix et murmuré, très vite : faites que Maman ne meure pas.
(…) est-ce que ma vie a été réussie ? (…) l'essentiel, qui est l'amour, m'aura manqué. J'ai été aimé, oui, mais je n'ai pas su aimer – ou pas pu, c'est pareil. Personne n'a pu se reposer en toute confiance dans mon amour et je ne me reposerai, à la fin, dans l'amour de personne. (…) Et puis, après la vague, je t'ai choisie, nous nous sommes choisis et ce n'est plus pareil. (…) et si je devais mourir demain je pourrais dire (…) que ma vie a été réussie.
(…) "Nous sommes là pour que cela se passe le mieux possible." Sans doute cette phrase est-elle un lieu commun dans toutes les professions qui entourent la mort et le malheur. (…) il ferait un travail très délicat et donnerait l'impression qu'elle était non pas maquillée, mais vivante.
(…) Je me demande ce qui pouvait le pousser à venir bénévolement, le dimanche, farder des cadavres en guidant sur leurs visages les doigts de leurs parents les plus proches. Peut-être tout simplement le goût de rendre service. C'est une motivation pour moi plus mystérieuse que la perversité.
(…) La première nuit qu'on passe à l'hôpital, seul, quand on vient d'apprendre qu'on est gravement malade, que de cette maladie on va peut-être mourir et que c'est cela, désormais, la réalité.
(…) Je sais qu'il évoque quelque chose qui a sonné absolument juste à son oreille, mais cela ne sonne pour l'instant pas juste à la mienne.
(…) L'année de chimiothérapie, en revanche, n'était pas négociable. Elle a été atroce. C'étaient des cures de trois jours, une fois par mois, et pendant ces trois jours, c'est simple, on n'arrêtait pas de vomir.
(…) il se déclare hostile à toute interprétation psychosomatique du cancer. Là-dessus, il ne discute pas, il tire à vue. Les gens qui disent : ça vient de la tête, ou du stress, ou d'un conflit psychique pas résolu, j'ai envie de les tuer, dit-il, et j'ai envie de les tuer aussi quand ils disent ce qui va avec : tu t'en es sorti parce que tu t'es battu, parce que tu as eu du courage. Ce n'est pas vrai. Il y a des gens qui se battent, qui sont très courageux et qui ne s'en sortent pas.
(…) La pire des souffrances, c'est celle qu'on ne peut partager. Et le malade cancéreux, le plus souvent, éprouve doublement cette souffrance. Doublement parce que malade, il ne peut partager avec son entourage l'angoisse qu'il ressent, et parce que sous cette souffrance en gît une autre, plus ancienne, datant de l'enfance et qui elle non plus n'a jamais été partagée, jamais été vue par personne. Or, c'est cela le pire pour quelqu'un : n'avoir jamais été vu, n'avoir jamais été reconnu.
(…) Pierre Cazenave l'analyse comme le sursaut désespéré de cet être clandestin qui, au fond de soi, n'a jamais eu droit à l'existence et qui soudain entend que ses jours sont comptés. Pour qui a toujours eu le sentiment d'exister, l'annonce de la mort est triste, cruelle, injuste, mais on peut l'intégrer à l'ordre des choses. Mais pour qui, au fond de lui, a toujours eu l'impression de ne pas exister vraiment ? De n'avoir pas vécu ? (…) transformer la maladie et même l'approche de la mort en une chance ultime d'exister vraiment.
(…) je crois qu'il y a des gens dont le noyau est fissuré pratiquement depuis l'origine, qui malgré tous leurs efforts, leur courage, leur bonne volonté, ne peuvent pas vivre vraiment, et qu'une des façons dont la vie, qui veut vivre, se fraie un chemin en eux, cela peut être la maladie : le cancer. C'est parce que je crois cela que je suis tellement choqué par les gens qui vous disent qu'on est libre, que le bonheur se décide, que c'est un choix moral. Les professeurs d'allégresse pour qui la tristesse est une faute de goût, la dépression une marque de paresse, la mélancolie un péché. (…) mais il y a des gens qui naissent pécheurs, qui naissent damnés, et que tous leurs efforts, tout leur courage, toute leur bonne volonté n'arracheront pas à leur condition. (…) dire à un mélancolique que le bonheur est une décision, c'est comme dire à un affamé qu'il n'a qu'à manger de la brioche.
(…) Comme les siens, il croit à la sincérité et à la spontanéité en toutes circonstances, c'est ainsi que lui-même vit et il s'en trouve bien, mais faute du décorum qu'apporte le rituel religieux tout s'est délité. Au lieu de former une file et chacun à son tour de jeter un peu de terre sur le cercueil, les gens se sont égaillés n'importe comment, livrés à leur initiative désemparée, personne n'osant vraiment faire ce qui lui convenait ni sans doute le sachant.
(…) c'est une bonne chose, ces visites fréquentes à la tombe : au moins, il y avait un lieu où elle était, ce n'était pas partout et nulle part. Peu à peu, elle cesserait d'être derrière toutes les portes.
(…) si tu meurs, elles n'en mourront pas. (…) Personne ne les aimera jamais autant que moi. (…) Tu es bien prétentieuse. J'espère que tu ne vas pas mourir maintenant mais si tu dois, il va falloir que tu travailles, pas seulement à te dire mais à penser vraiment : leur vie ne s'arrêtera pas avec moi. Même sans moi, elles pourront être heureuses. C'est du boulot.
(…) la soirée est dans une chambre d'hôpital le moment le plus difficile et aussi le moment de la plus grande intimité.
(…) Patrice était son repos, pas Etienne. (…) Elle devait avoir du courage avec Patrice, lors qu'avec Etienne elle avait droit à ce qu'on s'interdit devant ceux qu'on aime : l'épouvante, le désespoir.
(…) les tumeurs cancéreuses ne font pas mal par elles-mêmes; ce qui fait mal, ce sont les organes sains comprimés par les tumeurs cancéreuses. "Partout où ça fait mal, c'est moi". (…) Elle ne m'est pas extérieure. (…) l'explication psychique du cancer est à la fois un mythe sans fondement scientifique et une vilénie morale, parce qu'elle culpabilise les malades. (…) que son cancer n'était pas un agresseur étranger mais une partie de lui, un ennemi intime et peut-être même pas un ennemi. La première façon de penser est rationnelle, la seconde est magique. (…) il ne faut rien abandonner, que ce qui est vrai à un étage de l'esprit ne l'est pas à l'autre et qu'il faut habiter tous les étages, de la cave au grenier.
(…) elle a compris que Juliette ne lui en voulait pas de son bonheur, vraiment pas, qu'elle s'intéressait vraiment à sa grossesse, à leurs projets d'avenir, qu'il était possible d'en parler sans que ce soit dérisoire ou déplacé, et que pour être utile il n'était pas nécessaire d'avoir l'air triste.
(…) Alors qu'il aurait fallu profiter de ces moments qui étaient sans doute les derniers de leur vie ensemble, elle n'avait qu'une envie, le soir, c'est qu'elles s'arrêtent de s'agiter, que Patrice les couche et qu'elles dorment. Elle en aurait pleuré. (…) Tu leur parleras de moi, hein ?
(…) C'est elle qui allait mourir, pas moi. Sa mort me bouleversait, comme peu de choses dans ma vie m'ont bouleversé, mais elle ne m'envahissait pas. J'étais devant elle, près d'elle, mais à ma place.
(…) L'horreur morale d'imaginer le monde sans soi, de savoir qu'on ne verra pas grandir ses filles, mais aussi l'horreur physique, qui prenait de plus en plus de place. L'horreur du corps qui se révolte parce qu'il éprouve qu'il va être anéanti.

Amitié – Amour - Handicap
(…) On est toujours content quand les gens qui nous aiment relèvent nos travers comme des raisons supplémentaires de nous aimer.
(…) double bind, qui le fait perdre sur les deux tableaux. Pile tu gagnes, face je perds. Etre rejeté parce qu'on a qu'une jambe, c'est dur, être désiré pour la même raison, c'est pire.
(…) On était tous les deux terrorisés par le sexe (…) On a fait ce qu'on a pu pour avoir moins peur et ça a été extraordinaire. (…) incroyable de tendresse et d'abandon
(…) le site "Overground", destiné aux gens sexuellement attirés par les amputés. (…) les fervents "devotees" (…) et les prétendants "wannabees" aspirent à se faire amputer eux-mêmes pour s'identifier à l'objet de leur désir.
(…) La certitude d'être aimée totalement, d'être toujours portée.
(…) De lui aussi, Etienne dit avec admiration : il sait où il est.
(…) tu as tort. Tu devrais abuser davantage. Il ne faut pas tomber dans ce piège-là, ne pas s'emmerder la vie en jouant le handicapé qui fait comme s'il n'était pas handicapé. Il faut être clair avec ça, considérer que les gens te doivent ces petits services, d'ailleurs c'est vrai qu'ils te les doivent, et la plupart du temps ils sont bien contents de te les rendre parce qu'ils sont bien contents de n'être pas à ta place et que te rendre service leur rappelle à quel point ils en sont contents.
(…) Tandis qu'ils échangent ces paroles, les larmes commencent à couler sur leurs joues à tous deux. Elles coulent sans honte, sans retenue, il y a même de la joie à les verser. Car pouvoir dire : "c'est dur", "ce n'est pas juste", "on en a marre", sans craindre que l'interlocuteur se sente coupable, pouvoir le dire en étant sûr (…) que l'autre entend ce qu'on a dit tel qu'on l'a dit, rien de plus, qu'il ne projette rien dessus, c'est une joie immense, un soulagement immense.
(…) elle n'était pas la femme avec qui il aurait dû être normalement. Elle l'avait bousculé, sorti de son sillon. Elle était la différence, l'inattendu, le miracle, ce qui n'arrive qu'une fois dans une vie et encore, si on a beaucoup de chance.

Les juges de Vienne
(…) virtuoses dans l'art d'appliquer vraiment le droit.
(…) capables de saisir la Cour de justice des Communautés européennes en démontrant que l'addition des taux d'intérêt et des pénalités pratiqués par certaines banques dépassait le taux d'usure et que cette façon de saigner les gens n'était pas seulement immorale, mais illégale
(…) boiteux tous les deux, tous les deux rescapés d'un cancer à l'adolescence
(…) Il aime parler de lui. C'est ma façon, dit-il, de parler des autres et aux autres
(…) la productivité, c'est-à-dire le nombre de jugements rendus, est un critère décisif de la notation d'un juge, donc de son avancement.
(…) le juge d'instance est l'équivalent pour la justice du médecin de quartier. Loyers impayés, expulsions, saisies sur salaire, tutelle des personnes handicapées ou vieillissantes, litiges portant sur des sommes inférieures à 10 000 euro
(…) L'instance offre un spectacle ingrat. Tout y est petit, les torts, les réparations, les enjeux. La misère est bien là, mais elle n'a pas tourné à la délinquance. On patauge dans la glu du quotidien.
(…) Le pain quotidien du pénaliste dans le Nord, c'était la délinquance des toxicos-séropos. Celui du civiliste à Vienne, c'est le contentieux de la consommation et du crédit.
(…) Le fondement du droit civil, c'est le contrat. Et le fondement du contrat, c'est l'autonomie de la volonté et l'égalité des parties.
(…) Là où la banque aurait la prudence de dire non, l'établissement de crédit dit toujours oui, c'est pourquoi les banquiers orientent obligeamment vers lui les clients toujours dans le rouge. Si vous êtes déjà lourdement endetté, il ne tient pas à le savoir.
(…) C'est le RMIste de plus de cinquante ans, ou la femme seule avec des enfants, au chômage, sans qualification, sans autre perspective, dans le meilleur des cas, que de trouver un emploi à temps partiel, précaire et mal payé, avec l'effet pervers classique que travailler, si elle y arrive, sera finalement moins avantageux pour elle que vivoter des aides à quoi elle peut prétendre. Ceux-là n'ont que des dettes et rien pour les payer.
(…) Entre le pauvre type et la grosse boîte, il y a un contrat, et le rôle du juge est de faire exécuter ce contrat soit en faisant payer le débiteur, soit en le faisant saisir. (…) Jusqu'au milieu du XIXé siècle, on sortait de cette impasse en le condamnant à la prison pour dettes – institution tombée en désuétude, pas par humanité mais parce que l'entretien des prisonniers incombait à leurs créanciers, non à l'Etat, et que l'intérêt économique l'a emporté sur la satisfaction de voir le coupable puni. Aujourd'hui, il existe une autre solution, la commission de surendettement.
(…) en 1989, sous la pression de l'urgence sociale la loi Neiertz a créé dans chaque département ces commissions (…) cette révolution juridique s'est confirmée quinze ans plus tard, la situation ayant encore empiré, avec le vote de la loi Borloo instituant la "procédure de rétablissement personnel", également appelée "faillite civile".
(…) jusqu'en 1958 ce qu'on appelle maintenant le juge d'instance s'appelait le juge de paix.
(…) le grand jeu : les papillons rouges bien visibles sur la boîte aux lettres, la tournée des voisins qu'on informe obligeamment de leurs déboires et même la visite aux enfants qu'on vient voir le mercredi après-midi en leur disant de passer le message à papa et à maman. (…) les types qui font ce métier de chiens sont eux-mêmes de pauvres bougres
(…) Il existe une loi, pourtant, qui vise à limiter ces arnaques : la loi Scrivener, votée en 1978 sous Giscard mais d'inspiration plus social-démocrate que libérale, en ce sens qu'elle limite la liberté a priori sacro-sainte des contrats.
(…) La loi Scrivener déclare donc abusives les clauses qui rendraient le contrat trop léonin et impose au prêteur, puisque c'est lui qui le rédige, un certain nombre d'exigences formelles, modèles types, mentions obligatoires, contraintes de lisibilité
(…) Il préfère distinguer parmi les créanciers ceux qui seront gravement lésés par l'effacement de leur créance et ceux qui le seront moins (…) Il préfère dire que le petit fournisseur, le petit garagiste, le petit franchisé, une fois échaudés, risquent de devenir méfiants, de ne plus se laisser attendrir, que le lien social en souffrira et que c'est avant tout cela son rôle de juge : sauvegarder un peu de lien social, faire en sorte que les gens puissent continuer à vivre ensemble.
(…) la formule, un classique à l'ENM, selon laquelle le Code pénal est ce qui empêche les pauvres de voler les riches et le Code civil ce qui permet aux riches de voler les pauvres
(…) plus la norme de droit est élevée, plus elle est généreuse et proche des grands principes qui inspirent le Droit
(…) Un des avantages du droit communautaire, c'est qu'il ne se contente pas d'édicter des règles : il dit quelle intention il poursuit en les édictant et on est donc en droit d'invoquer cette intention.
(…) l'effet de leur combat, c'est que la loi sur la forclusion a été modifiée, l'office du juge élargi, et que les dettes des milliers de pauvres gens s'en trouvent en toute légalité allégées.

Alléger son égo
(…) j'ai de bonnes raisons de penser que la vulgate psychanalytique sur les bienfaits de la parole opposés aux ravages du silence est vraie (…) que les choses soient nommées.
(…) Freud définit la santé mentale (…) comme la capacité d'aimer et de travailler.
(…) L'idée que je pourrais la perdre m'est insupportable, mais pour la première fois de ma vie je pense que ce qui pourrait me la ravir, ou me ravir à elle, ce serait un accident, la maladie, quelque chose qui nous tomberait dessus de l'extérieur et pas l'insatisfaction, la lassitude, l'envie de nouveauté. (…) je crois que nous tiendrons, que l'un de nous deux fermera les yeux de l'autre.
(…) j'aime aujourd'hui ce qui est mon lot, je n'y ai pas grand mérite tant il est aimable
(…) je préfère ce qui me rapproche des autres hommes à ce qui m'en distingue.

© P.O.L éditeur, 2009
si l'éditeur le demandait, cette rubrique serait immédiatement supprimée

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