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La Famille Lament (George Hagen)

La Famille Lament (George Hagen)

Les morceaux choisis

Afrique

Conventions et Caractère
(…) Un prénom est une fenêtre qui ouvre un caractère.
(…) Béatrice de Beaucoup de bruit pour rien était son personnage préféré – caustique, sceptique quant à l'amour mais, une fois sa flamme allumée, dévorée par une passion brûlante.
(…) Vous avez assurément le droit de ne pas être d'accord avec elle, mais faites en sorte de vous exprimer sans insulter son héritage culturel.
(…) Underberg s'adressait à elle de manière familière, ayant senti dans son incapacité à donner un nom à son bébé une saine résistance aux conventions qui cadrait avec son tout nouvel objectif.

Vies et Individus
(…) Entre ce qui se passait dans son sein et les yeux hypnotiques du bébé, elle glissait dans une très agréable torpeur.
(…) Des yeux mélancoliques, un naturel doux et affectueux, tel était Walter aussi stable qu'un continent. Et il avançait, comme un continent, de deux centimètres par an.
(…) "Ecoutez, Howard, il nous faut bien admettre que la vie distribue à parts égales les drames et les joies. Elle offre une seconde chance à ceux qu'elle a frappés. Là où les timorés lui tournent le dos, les êtres courageux et généreux la saisissent. Howard, je vous supplie de bien réfléchir à l'avenir de ce garçon." Emu par ses propres mots, Underberg s'essuya les yeux avec sa cravate.

Couple
(…) Howard en voulut aux Howitzer d'avoir fait sentir aux Lament qu'ils étaient vulnérables; et même pire, qu'ils étaient ordinaires.
(…) Will, qui sentait la tension entre ses parents, fit de la résistance pour aller se coucher. Howard et Julia tolérèrent ses demandes d'eau et de baisers supplémentaires avec une patience inhabituelle. Tout leur semblait préférable à la discussion qui les attendait.

Autorité et Respect
(…) Joseph s'obstinait à penser que le coupable n'était autre que la vanité de sa fille; et ce que le catéchisme ne pouvait guérir, le plat de sa main s'en chargerait.
(…) "S'il n'a pas de respect pour l'autorité, comment arrivera-t-il à s'entendre avec les gens ?" (…) "Moi non plus, à son âge, je n'avais pas un grand respect pour l'autorité" "Et est-ce que ça t'a apporté quelque chose ?" "Je n'en sais rien. Mais est-ce que ça m'a enlevé quelque chose ?" "Sois réaliste. Toi, tu n'es pas obligée de rendre des comptes à un patron, de prouver tous les jours tes capacités. Lui, il devra le faire un jour."

Angleterre

S'intégrer
(…) "Il ne te laissera pas tranquille tant que tu ne te seras pas battu avec lui. "(…) "Manifestement, ce garçon veut établir un rapport hiérarchique. Si Will ne fait rien, l'autre morveux va l'embêter toute l'année." "Ca n'a rien à voir avec l'arriération. Les garçons, ce ne sont que des hommes à leur stade le plus primitif. Violents, sauvages, avec leur mentalité tribale." "Quand il saura se battre, il sera parfaitement intégré."

Le fantôme de Hitler
(…) Presque vingt ans s'étaient écoulés depuis l'armistice du 8 mai 1945, mais la Seconde Guerre Mondiale était encore omniprésente.

Etre quelqu'un, à quoi cela tient ?
(…) Personne ne refusait jamais une invitation de Digley. C'(était le roi du marron.
(…) "Oh, il est nul". Will en fut abasourdi. Le roi du marron ? Nul ? Tout le monde admirait Digley. Les filles soupiraient toutes en le voyant passer, et il le savait. Si Digley voulait vos chips ou votre barre chocolatée, vous la lui donniez. C'était un honneur. Digley était un baratineur, certes, il se permettait n'importe quoi, mais Sally était la première à oser l'exprimer.
(…) Digley avait réussi à pisser au moins quinze centimètres plus haut que les fameuses initiales marquant le record de Magnus Hobb. (…) Maintenant, Digley était non seulement le roi du marron mais aussi le seigneur des pissotières.

Absence et Voyage
(…) Will désirait retourner en classe, mais à cette envie s'opposait la crainte de découvrir que les choses avaient changé en son absence. C'est ce qu'on éprouve quand on voyage; dès qu'on passe une journée loin de la routine habituelle, on se prépare à l'éventualité d'une réorganisation du monde qu'on a quitté.

Will pratique la PNL
(…) Avant cette discussion entre les jumeaux, Will avait rêvé de Sally. Elle s'était retournée vers lui depuis l'autre côté de la classe pour lui adresser son sourire insolent, mais à présent ce sourire l'emplissait d'une insupportable tristesse. Quand il s'était réveillé, il avait été soulagé de voir devant lui la mince ligne bleue de la mer. Pour oublier Sally, il imagina un rivage sablonneux – des hommes à la peau foncée qui se lançaient des ballons, des enfants au sourire insouciant, aux cheveux ébouriffés par le vent, qui couraient dans l'eau en tenant la main de leurs parents. L'harmonie. Il avait le vague souvenir d'une plage sablonneuse. Il pensa à des châteaux de sable, à de l'écume, à des rires.

L'Amérique

Intégration sous réserve d'ouverture
(…) Howard estimait que les femmes se jugent entre elles avec beaucoup plus de dureté que les hommes.
(…) "Evidemment, ma chérie, tu en connais plus sur les Irlandais que n'importe quel Irlandais, mais le but de l'exercice reste quand même de se faire des amis, pas vrai ?"
(…) A part une théologie démente, qu'est-ce qui pourrait obliger quelqu'un à braver l'Atlantique pour recommencer sa vie sur une terre inculte qui ne peut se vanter d'avoir rien apporté de mieux au monde que la tomate et le dindon ?
(…) Et, à dire vrai, on voyait mieux de l'extérieur.

Chocs et Changements
(…) Marcus allait être le premier à accepter son nouvel état. Pour les autres, il faudrait une éternité. Les enfants sont ainsi. Ils se relèvent et ils continuent.

S'intégrer
(…) "Vous allez vous mettre tout le monde à dos" (…) "Je regrette, (…) mais chaque fois que j'essaie de faire plaisir à tout le monde, je n'arrive qu'à me décevoir, moi."

Absence et Voyage
(…) Des larmes jaillirent dans les beaux yeux gris de Marina. L'instant suivant, elle sanglotait. Il aurait voulu la prendre dans ses bras et lui demander pardon, mais il résista : mieux vaut être celui qui quitte que celui qu'on quitte.

Dépression et Défis
(…) "Chéri, tu trouveras bien une solution." Julia vit l'expression de son mari changer : l'hostilité liée à la défense de son territoire faisait place à l'attrait d'un défi pratique.
(…) "Tu n'es pas toi-même", répondit Will avant que la brûlure de ses paroles n'emplisse de larmes ses propres yeux.
(…) "Je sais ce qui cloche dans ma famille" (…) "Ma mère est motivée, elle a un but. Mais mon père est perdu. Il passe tout son temps avec des choses qui ne servent plus à rien. (…) "Quel gâchis". Minna écouta Will exprimer ses frustrations. A la fin, elle proposa une solution. (…) "ta place n'est pas ici."

Jeunesse et Avenir et Liberté
(…) La pire des nouvelles est souvent celle qui surprend le moins. Will s'entendit féliciter Roy tandis que son cœur lui défonçait la poitrine.
(…) "Sauf que c'est un garçon tellement désireux de garder la famille unie qu'il n'arrive pas à penser à son propre avenir."
(…) "Même la personne la plus heureuse a des regrets. On ne peut pas se réjouir d'une journée de soleil si l'on n'a jamais connu que des journées de soleil, pas plus qu'on ne peut pleurer la perte de quelqu'un qu'on a jamais rencontré. Le bonheur et la tristesse vont de pair."
(…) Minna trouvait excitant le chagrin qu'il promenait avec nonchalance, car il lui rappelait son propre malaise vis-à-vis du monde.

Chômeur
(…) "Serrez-moi de nouveau la main, Howard. Fay était un génie. Un génie incroyable ! Et je parie que Howard Lament a un peu de génie lui aussi, pas vrai ?" Soudain, Howard eut l'impression de sombrer sous la vague d'isolement et de malheur qui l'avait submergé ces dernières années. Il dut s'excuser, et alla aux toilettes attendre la fin de ses sanglots convulsifs. Puis il vomit. Il lui fallut un bon moment avant d'être suffisamment calme pour ressortir.

Reconnaissance contre Paranoïa et Culpabilité
(…) Plus tard, Will avoua qu'il avait éprouvé une gratitude perverse en entendant l'explication de sa mère. Même si Julia n'avait fait que confirmer ce qu'il soupçonnait depuis des années, il avait été immensément soulagé de savoir que ses sentiments n'étaient pas les fantasmes d'un fils ingrat.

Sens du Voyage et Rituel Familial
(…) "La rive gauche a bien assez d'artistes sans le sou. Tu mourras de faim". (…) "Il y a des endroits pires que Paris pour mourir de faim".
(…) Elle tenta d'imaginer un instant ce qui attendait son fils mais ne put se rappeler rien d'autre que ces brefs moments de sa vie où l'avenir paraissait vaste, merveilleux, insondable
(…) "Je suis toujours un Lament, maman. Les Lament voyagent."

© Belfond 2005, un département de PLACE DES EDITEURS pour la traduction française

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