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Dans la main du diable (Anne-Marie Garat)

Dans la main du diable (Anne-Marie Garat)

Catégorie : Littérature française XXIè
Date de publication : avril 2006
Editeur : Actes Sud
Pages : 912

La quatrième de couverture

Automne 1913. A Paris et ailleurs - de Budapest à la Birmanie en passant par Venise -, une jeune femme intrépide, Gabrielle Demachy, mène une périlleuse enquête d'amour, munie, pour tout indice, d'un sulfureux cahier hongrois recelant tous les poisons - des secrets de coeur au secret-défense...
Habité par les passions, les complots, le crime, l'espionnage, et par toutes les aventures qu'en ce début du XXé siècle vivent simultanément la science, le cinéma ou l'industrie, Dans la main du diable est une ample et voluptueuse fresque qui inscrit magistralement les destinées sentimentales de ses personnages dans l'histoire d'une société dont la modernité est en train de bouleverser les repères.
Narration au long cours qui rend hommage au genre du roman-feuilleton, Dans la main du diable célèbre les puissances du récit et les séductions du personnage romanesque. Porté par la sensuelle jubilation d'une écriture généreuse, ce roman bâtisseur d'histoires, capable de raviver en chacun toutes les enfances de la lecture, peut, sans conteste, prendre place parmi ces grandes fictions dont les protagonistes attisent de leurs passions celles des lecteurs eux-mêmes et restent à jamais présents dans les intimes mémoires de l'imaginaire.
En 1913, Gabrielle Demachy s'avance, lumineuse et ardente, dans les rues de Paris, sur les chemins du Mesnil; entre l'envol et la chute, entre eaux et sables, la voici qui entre dans le roman de sa vie...
Gare à la main du diable... !

Ce qu'en dit l'auteur Anne-Marie Garat

J'ai écrit ce roman au long cours en dette aux premiers amours de la lecture, quand on palpite, ivre des feux d'artifice, des sens éveillés, de la vie en plus, de la langue, magique. Tout ce qu'on lit remue l'esprit et les sens, les sentiments, les pensées, l'imaginaire: les grands romans, les immenses; et les moindres, feuilletons, romans photos et bluettes... Balzac, Zola, Conrad et Dumas, Feval et Zevaco, Giono, Gaston Leroux et Marcel Proust, aussi bien les Brontë, Warthon, Hugo, Sue et Delly, Melville, Apollinaire, Rimbaud… Et avec eux les cinéastes, les photographes et les peintres qui m'ont émue et apprise par leur regard, leurs oeuvres. Atget, Tardi, Schiele, Feuillade, Fellini…

Je voulais les saluer avec déférence, avec révérence. Par la confondante gratuité de leur art, chacun à leur manière, ils m'ont multipliée et illuminée, ils m'ont baptisée à un imaginaire du monde. Le roman est très contagieux. Vivace, coriace, tout neuf en son vieil âge; si prodigieux dans ses ressources, si fécond et généreux. Cette machine à histoires est à ressorts inoxydables. C'est merveille d'emprunter les conventions du genre, les procédés éprouvés. La coïncidence, la rencontre, les secrets à tiroirs, intrigues et passions. Laisser venir à soi toutes les voix, les réminiscences et images, les emprunter et les nouer ensemble veut de l'énergie, un investissement monomaniaque de longue durée.

Ecrire un tel roman, c'est se faire le dépositaire d'autres livres, mais c'est aussi devenir, dans l'impulsion de l'écriture, son premier et pro p re lecteur : fomenter sa propre surprise de page en page, d'épisodes en chapitres. Comme le dit Daniel Galay, mon cinéaste endiablé : nous avons tellement besoin d'histoires, de croire en nos histoires, qui sont plus vraies que la réalité. Parce que la réalité ne tient debout, elle n'est vivable que si nous lui inventons une beauté. Bâtisseurs d'histoires, à nous en déchirer le coeur…

Alors, il fallait y croire fort, y mettre de la conviction. De la foi dans le récit et le héros. Dans la création des personnages en nombre, en foule. Sans faire semblant. Etayer avec de l'Histoire, des journaux; sans faire étalage de sa science documentaire. Juste pour susciter l'émotion du temps passé, et la faire circuler. S'amuser. Beaucoup. Trembler et vibrer, rêver. Notre mémoire raconteuse a besoin de rendre son passé au présent, de bâtir les fictions de notre Histoire…

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