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Le choeur des femmes (Martin Winckler)

Le choeur des femmes (Martin Winckler)

Catégorie : Littérature Française XXIé
Date de publication : 27 août 2009
Editeur : P.O.L.
Pages : 602

La quatrième de couverture

Je m'appelle Jean Atwood. Je suis interne des hôpitaux et major de ma promo. Je me destine à la chirurgie gynécologique. Je vise un poste de chef de clinique dans le meilleur service de France. Mais on m'oblige, au préalable, à passer six mois dans une minuscule unité de " Médecine de La Femme ", dirigée par un barbu mal dégrossi qui n'est même pas gynécologue, mais généraliste! S'il s'imagine que je vais passer six mois à son service, il se trompe lourdement. Qu'est-ce qu'il croit? Qu'il va m'enseigner mon métier? J'ai reçu une formation hors pair, je sais tout ce que doit savoir un gynécologue chirurgien pour opérer, réparer et reconstruire le corps féminin. Alors, je ne peux pas - et je ne veux pas - perdre mon temps à écouter des bonnes femmes épancher leur coeur et raconter leur vie. Je ne vois vraiment pas ce qu'elles pourraient m'apprendre.

Présentation par l'auteur lui-même (source : http://martinwinckler.com/)

Le Choeur des femmes est un roman "médical" dans la veine de La Maladie de Sachs mais dont Bruno Sachs n’est pas le personnage principal.
C’est un grand roman de formation, situé dans un service de "médecine de la femme", l’unité 77, au Centre Hospitalier (fictif) de Tourmens.
Il met en scène la rencontre de deux médecins : Jean Atwood, jeune et volontaire interne de chirurgie gynécologique qui se destine à la réparation des corps féminins, et Franz Karma, praticien d’une cinquantaine d’années qui s’est consacré depuis trente ans à la santé des femmes.
Atwood doit passer six mois dans le service de Karma, mais n’a pas du tout envie d’y perdre son temps à "tenir les mains des patientes".
Or, l’unité 77 n’est pas un service comme les autres. Karma en est le seul praticien, il y travaille avec une secrétaire, une conseillère de planification, des infirmières et des aide-soignantes qui le désignent par son prénom. Il y pratique des IVG et y hospitalise clandestinement des patientes à l’insu de l’administration de l’hôpital. Il reçoit les femmes que personne ne veut recevoir ou que les gynécologues méprisent ou fuient comme la peste, immigrantes, femmes voilées, SDF, femmes violées, mais aussi celles qui sont en rupture de famille, ou qui ont décidé qu’elles ne veulent pas avoir d’enfants et demandent à se faire stériliser.
Alors que sa "vocation" était tout autre, le Dr Atwood va peu à peu, à son corps défendant, découvrir qu’écouter les femmes n’est ni répétitif ni assourdissant, mais que ça lui permet non seulement d’apprendre son métier de médecin et aussi de découvrir sa propre identité.
Quoique raconté à la première personne par l’interne "novice" qui arrive à l’unité 77, Le Choeur des femmes est un roman "polyphonique" dans lequel tous les personnages, chacun à leur tour, prennent la parole. Il mêle des descriptions précises de ce que devrait être une consultation de gynécologie au service des femmes aux monologues ("Arias") des femmes que croisent Atwood et Karma. C’est à la fois un roman d’initiation au métier et à l’éthique des soignants et un roman d’énigme, centré sur un double secret de famille.
Le Chœur des femmes est un projet dont l’idée m’est venue au fil de mes consultations au centre de planification de l’hôpital du Mans, entre 1984 et 2008. Mon premier roman, La Vacation (POL, 1989), traitait du vécu et de la parole des femmes et des soignants face à un avortement.
Mais au-delà de cette situation extrême, j’ai toujours voulu parler de la manière dont les femmes viennent parler de leur vie, de leur sexualité, de leur entourage, à un médecin qu’elles ne voient que pour ça.
En France, au début du 21e siècle, comment soigne-t-on les femmes ? D’ailleurs, quand elles viennent consulter, est-ce qu’elles demandent un soin médical, ou simplement qu’on se soucie d’elles ? Pourquoi ont-elles besoin d’un médecin pour parler ? Est-ce que leur compagnon, leurs amies, leur mère ou leurs sœurs ne peuvent pas les entendre ? Et surtout, qu’ont-elles donc à dire ?
Beaucoup de non-médecins (et beaucoup de médecins, malheureusement), pensent qu’une consultation « de femmes » est répétitive, ennuyeuse et fastidieuse - voire « un peu dégoûtante ». J’ai voulu montrer qu’il n’en est rien, et que c’est une activité passionnante pour un soignant attentif, qui donne beaucoup d’enseignements sur la vie, sur les autres (femmes et hommes) et sur soi. À condition d’ouvrir les oreilles et les yeux, et surtout d’aimer les histoires.
Le Chœur des femmes a été modelé par toutes les histoires entendues et parfois vécues pendant 25 ans dans un cabinet de consultation de 24 m².
MW

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